À l’approche de la présidentielle du 28 décembre 2025, la Fondation Perceptis a mené une enquête nationale du 4 au 13 novembre 2025, auprès de 1 100 citoyens dans les huit régions administratives.
L’objectif : comprendre ce que les Guinéens attendent réellement du futur président et comment ils perçoivent la situation du pays.
Voici les cinq enseignements majeurs qui ressortent de cette étude.
1. Le coût de la vie est la première préoccupation nationale
Partout dans le pays, à Conakry comme dans les régions, le pouvoir d’achat domine très largement les inquiétudes :
- 74 % des répondants citent le coût de la vie comme leur priorité numéro un ;
- cette préoccupation dépasse toutes les catégories : jeunes, actifs, ménages, ruraux comme urbains.
L’inflation, la cherté des denrées alimentaires, les coûts des transports et des services essentiels sont mentionnés de manière récurrente lors des entretiens.
Ce que cela signifie :
Les citoyens attendent en priorité du futur président :
- des actions visibles contre la cherté de la vie,
- une régulation des prix,
- des mesures économiques concrètes.
C’est le thème qui structure le vote des ménages et le climat social.
2. La lutte contre la corruption est un enjeu moral central
Juste après l’économie, la demande la plus forte concerne la gouvernance.
- 61 % des répondants citent la corruption comme une des trois plus grandes préoccupations du pays.
- Chez les jeunes de 18 à 34 ans, ce taux dépasse 68 %.
- Dans les zones urbaines (Conakry – Labé – Mamou), c’est même l’un des deux sujets dominants.
Les citoyens associent la corruption :
- à la lenteur administrative,
- aux difficultés d’accès à certains services,
- et à un sentiment d’injustice persistante.
Ce que cela signifie :
Les Guinéens attendent un futur président capable de :
- incarner l’intégrité,
- prendre des mesures fortes contre les abus,
- restaurer la confiance dans l’État.
La dimension morale et éthique prend une place centrale dans le débat public.
3. L’emploi reste une inquiétude structurelle, surtout chez les jeunes
Troisième enseignement : 52 % des répondants placent l’emploi parmi leurs priorités.
Les jeunes (18–34 ans) sont les plus concernés, surtout :
- les diplômés sans travail,
- les jeunes urbains,
- les sortants des écoles professionnelles ou universités.
Dans les régions minières, l’emploi apparaît également comme un sujet structurant du rapport à l’État et aux entreprises.
Ce que cela signifie :
Les Guinéens attendent du futur président :
- plus d’opportunités d’emploi,
- des investissements dans les secteurs productifs,
- des politiques d’insertion adaptées aux jeunes.
L’emploi est un indicateur de confiance mais aussi de stabilité sociale.
4. L’intégrité et la compétence priment sur la popularité politique
L’étude montre que les critères d’évaluation du futur président sont avant tout liés à la qualité personnelle et professionnelle, et non à la proximité politique.
Voici les trois premiers critères cités :
- 45 % – Intégrité (honnêteté, équité, crédibilité)
- 19 % – Compétence (savoir-faire, capacité à gouverner)
- 17 % – Résultats (efficacité, actions concrètes)
Les Guinéens privilégient donc un leadership :
- crédible,
- efficace,
- capable de délivrer,
- aligné avec des valeurs fortes.
Ce que cela signifie :
L’élection de 2025 est perçue moins comme une compétition politique classique, et davantage comme un choix de gouvernance.
Les attentes citoyennes sont très élevées, notamment chez :
- les jeunes diplômés,
- les urbains,
- les travailleurs du secteur formel.
5. Un pays lucide mais pas résigné : la demande de transformation est réelle
Concernant l’évolution du pays :
- 40 % estiment que la situation est “restée la même”,
- 35 % pensent qu’elle s’est “détériorée”,
- 25 % jugent qu’elle s’est améliorée.
Les réponses montrent :
- une fatigue économique,
- une volatilité sociale,
- mais aussi une espérance conditionnelle.
Les citoyens expriment une volonté claire de voir :
- des réformes tangibles,
- une amélioration des services publics,
- une modernisation de la gouvernance.
Ce que cela signifie :
La société guinéenne est consciente des difficultés, mais également ouverte au changement.
Elle attend du futur président non seulement de la stabilité, mais aussi une capacité à transformer le pays.
Conclusion : une attente forte et claire
L’enquête Perceptis dessine l’image d’un pays :
- préoccupé par l’économie,
- exigeant sur la gouvernance,
- vigilant sur l’éthique publique,
- et attaché à une amélioration concrète des conditions de vie.
Le futur président devra répondre à ces attentes avec :
- des mesures économiques lisibles,
- une lutte crédible contre la corruption,
- des politiques d’emploi ambitieuses,
- et une gouvernance fondée sur l’intégrité et la compétence.
Ces cinq enseignements constituent les axes les plus solides pour comprendre l’état d’esprit des Guinéens en cette fin d’année 2025.
Consulter l’intégralité du rapport public ici
Comment l’enquête Perceptis a été menée (4–13 novembre 2025) ?
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À propos de la Fondation Perceptis
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